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C'est en 1941 que Paul Lingner réalise l’oeuvre qu'il intitule Gurs, gare de triage pour destinées humaines. Ce peintre et dessinateur allemand s'installe en France en 1928 et adhère au Parti communiste français en 1934. Il travaille pour différents journaux syndicaux et politiques dont L'Humanité. Ses convictions lui valent d'être arrêté et interné quelques jours avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Transféré dans plusieurs camps, il arrive à Gurs en 1941.

Max Lingner poursuit alors son activité artistique, mais dans un tout autre domaine. Il dessine divers aspects de la vie quotidienne du camp, évoquant notamment la faim et le froid qui sont le lot des détenus. Il enseigne également la peinture à des enfants allemands, espagnols et français. Ayant obtenu l'autorisation de circuler à l'extérieur du camp, il en profite pour quitter la région et entrer dans la Résistance. Après la Libération, il dessine à nouveau pour L'Humanité. En 1950, il quitte définitivement la France et rejoint la République démocratique allemande où il poursuit son oeuvre picturale et graphique. Il meurt à Berlin en 1959.

Gurs, gare de triage pour destinées humaines traduit bien ce que fut ce camp : un centre d'internement administratif où la République française a détenu des ressortissants de plus de cinquante nationalités différentes. Antonio, réfugié espagnol nous dit d'une autre façon ce que fut Gurs pour un grand nombre de républicains vaincus par les nationalistes de Franco en 1939 : « J'ai traversé les Pyrénées. Exténué, j'ai rejoint la France. […] J'attends dans la boue, dans le froid, prisonnier au pays des libertés ». La boue, voilà le mot qui résume la vie quotidienne de ces 27 350 combattants républicains espagnols et volontaires des Brigades internationales, de ces 14 795 « indésirables », essentiellement des femmes originaires d'Allemagne et qui avaient fui le régime nazi, de ces 18 185 hommes, femmes et enfants internés en raison de l'antisémitisme du régime de Vichy, et qui ont été systématiquement déportés vers Auschwitz-Birkenau puis exterminés à partir de 1942.

Les élèves de Première S2 du lycée Paul Rey de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques – millésime 2012-2013 – vous proposent de partager ce qu'ils ont découvert aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, ce qu'ils ont appris en traversant les vestiges du camp sous la conduite de membres de l'Amicale du camp de Gurs, ce que l'historien Claude Laharie a voulu leur transmettre. Ces adolescents se sont investis avec enthousiasme dans cette production. Invités à ne pas culpabiliser – ils ne sont en rien responsables des actes des générations qui les ont précédés – ils ont porté un regard lucide sur ce passé plus ou moins enfoui : ils ont compris que la République et ses valeurs humanistes n'étaient pas définitivement établies et pouvaient être remises en cause dans un contexte particulier.

La visite virtuelle du camp qui vous est présentée sur ce site ne prétend ni à l'exhaustivité – ce n'était pas possible dans le cadre d'un projet limité dans le temps et les moyens – ni à la rigueur d'un travail d'historien. Les élèves ont associé le fruit de leur imagination à des faits et personnages réels. En outre, certains détails graphiques prennent quelques libertés avec la vérité. Mais ces éléments nous ont semblé secondaires. Lorsque l'équipe pédagogique a proposé cette entreprise aux élèves, elle poursuivait deux objectifs : d'abord, leur faire découvrir qu'une page sombre de notre histoire avait été écrite tout près de chez eux ; ensuite, les initier à la recherche historique d'une façon originale. Nous espérons avoir atteint l'un et l'autre.

Il est d'usage de remercier ceux grâce auxquels un projet aboutit. Je m'y conforme très volontiers. Cette réalisation doit beaucoup à l'implication de Catherine MAURY, professeur documentaliste, de Marie-Josée MORA, professeur d'espagnol, et de Christophe GONTHIER, notre « Monsieur Multimédia ». Ma reconnaissance va également à Maïté EXTRAMIANA, Danielle TUCAT et Claude LAHARIE, membres actifs de l'Amicale du Gurs, à Carine FREYSSINET du service éducatif des Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, à Myrthis FLAMBEAUX du service Patrimoine et éducation au patrimoine et à l'écrit d'ECLA Aquitaine. Enfin, que les élèves soient certains que je suis pleinement satisfait de leur investissement et de leur persévérance.

Jean-Jacques MANGNEZ (l'enseignant d'histoire-géographie de la classe)

Voici le plan du site où vous retrouverez l'ensemble des productions disséminées dans le camp.


Entrée

Administration

Rue principale

Baraque des nationalités

Baraque des témoignages

Baraque des associations

Baraque des premiers arrivants

Allée secondaire

imagePanoramique flecheGauche flecheDroite croix
livreFond pageGauche pageDroite pageMilieu
carteFond carteArriere carteAvant

Los brigadistas

Los brigadistas fueron soldados de unos cincuentos países diferentes que combatieron contra el franquismo durante la guerra civil española. Cuando Franco estaba al poder, estos soldados volvían a sus países excepto los que estaban amenazado en sus países. Fueron amenazado por culpa de sus ideas comunistas o porque sus países eran bajo dictaduras entonces iban a Francia, país de los derechos humanos.
-> Derecha : Tumba de un brigadista (Fotografía : Jean-Jacques Mangnez)
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Les espagnols à Gurs

Le camp fut construit pour loger les républicains espagnols. Ils arrivèrent dans de mauvaises conditions, physiquement et moralement épuisés. Ces républicains avaient marché durant des kilomètres à travers la montagne et dans le froid, sous la pluie et la neige.
Ils furent mal logés, les gardiens français les désarmèrent y les considérèrent comme des suspects. Ils étaient « indésirables », c’est pourquoi ils les traitèrent brutalement, sans compassion pour les enfants, les femmes, les malades y les anciens.
Ces républicain furent « logés » ou plutôt enfermés, entassés en camp de concentration surtout localisés sur les plages de la catalogne française. Ils furent des « camps de la honte » parce que les réfugiés n’avaient pas de toit ni de conditions sanitaires dignes. Ils n’avaient quasiment rien à manger et donc beaucoup moururent dans ce pays « d’asile », symbole des droits humains.

Los españoles en los campos

El campo fue construido para alojar los refugiados republicanos españoles. Llegaron en malas condiciones, agotados físicamente y moralmente. Estos republicanos habían andando muchos kilómetros por la montaña en el frio, bajo la lluvia y la nueve.
Fueron muy mal acogidos, los guardias franceses les desarmaron y les consideraban como sospechosos, como enemigos por sus ideas de izquierdistas. Eran «indeseables» y por eso le trataron brutalmente, sin compasión por los niños, las mujeres, los heridos y los ancianos.
Estos republicanos fueron «alojados» o sea encerrados, amontados, aparcados en campos de concentración, sobre todo localizados en las playas de la Cataluña francesa. Fueron «campos de la vergüenza» porque los refugiados no tienen techo ni condiciones sanitarias dignas. Casi no tenían nada de comer entonces muchos murieron en este país «de asilo» símbolo de los derechos humanos.

Les brigadistes

Les brigadistes furent des soldats de cinquante pays différents qui combattirent contre le franquisme durant la guerre civil espagnole.
Quand Franco était au pouvoir, ces soldats retournèrent dans leurs pays excepté ceux qui étaient menacés dans leurs pays. Furent menacé a cause de leurs idées communistes ou parce que leurs pays étaient sous une dictature, donc ils allèrent en France, pays des droits humains.

-> Droite : Tombe d'un brigadiste (Photo : Jean-Jacques Mangnez)
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Introduction des oeuvres

La population gursienne vit isolée du monde extérieur. Les rares personnes éprouvant de la sympathie, ou de la compassion étaient alors considérés comme des suspects. C’est donc dans ce contexte difficile que se sont développées des Œuvres. Des aides ont été envoyées de l’extérieur du camp, venant d’Amérique du Sud ou d'Europe. Des fonds étaient envoyés pour faciliter le rapatriement des internés mais les donneurs n’ont jamais été en contact avec les internés. Cependant des Œuvres se sont tout de même développées au sein du camp afin de faciliter la vie des internés.

Le service social d’aide aux émigrants arrive en1941. Il est dirigé par trois membres mais ne fonctionne que peu de temps à cause de ses mauvais rapports avec l’administration du camp. Cela est dû à l’opposition entre l’administration du camp et l’œuvre qui cherche à regrouper des familles et les faire partir du camp. A partir de juillet 1941, plus aucune trace de cette action n'est présente dans les archives du camp…
Enfin, au cours de l’année 1941, vient l’arrivée de délégations d’œuvres juives, comme la HICEM spécialisée dans la constitution des dossiers d’émigrations. L’organisation de secours aux enfants (OSE) reçoit aussi la permission de s’établir dans le camp ; elle est animée par Ruth Lambert une jeune institutrice, l'OSE planifie la sortie des enfants. Le Secours suisse est aidé par l’OSE. L’organisation reconstruction-travail (L’ORT) ouvre en 1942, chargée d’occuper utilement les internés. L’ensemble de ces œuvres juives est financé par les fonds de chaque association et par le Comité d'assistance aux réfugiés (C.A.R).
L’action des ces œuvres ne se manifeste pas seulement par la distribution de nourriture elles organisent des distributions de vêtements, de médicaments, de vaisselles… Mais elles apportent surtout un soutien moral avec des visites à l’intérieur des îlots, l’organisation d’occupations élaborées, de cours ou encore l’installation de bibliothèques au Secours protestant ou à l’OSE. Pour occuper les enfants, l’enseignement s’est développé au sein des Œuvres bien qu’il soit difficile à mettre en place pour les enseignants et pour les élèves qui ne cessent d’être mutés. Le jardinage se développe également avec des travaux horticoles, des jardins potagers, des arbres fruitiers sont plantés à proximité du camp. Les activités de l’artisanat sont aussi importantes atelier de menuiserie, confectionnent de pantalons…

La société des amis

La Société des amis, il s’agit de la troisième Œuvre à mettre le pied à l’intérieur du camp. Connu au sein du camp sous le nom de Secours Quaker, l’œuvre dont l’action fut la plus décisive, elle a permis la survie d’un grand nombre d’internés par une distribution massive de nourriture à une époque où la pénurie touchait le camp notamment durant les fêtes de Noël. L’action de cette association peut être mesurée par de nombreux témoignages. Cette association collabore notamment avec Elsbeth Kasser. La société des amis reste jusqu'à la dissolution provisoire du camp en 1943.

Le secours protestant

Le Secours protestant est la première Œuvre apparue au camp grâce au pasteur d’Oloron, Henri Cadier. Il a reçu dés 1939 une autorisation de rentrer dans les îlots pour y célébrer le culte protestant. C’est le seul homme extérieur à avoir franchi la porte séparant le premier quartier des îlots.
Cadier reçoit ensuite l’aide de Madelaine Barot, secrétaire générale d’un mouvement récemment crée la Communauté inter-mouvements auprès des évacués (CIMADE). M.Barot considérée comme l’acolyte du pasteur a pu à son tour pénétrer dans le camp. Pour cela elle a dû montrer beaucoup de tact car jusqu'à lors les demandes d’entrée dans le camp étaient refusées. Madelaine Barot et son adjointe se sont alors installées dans une baraque désinfectée du camp et ont fondé le Secours Protestant. Cette Œuvre a été dirigée alors par Madelaine Barot puis par son adjointe Jeanne Merle d’Aubigné à partir de 1941 et jusqu’en octobre 1942 où elle fut expulsée pour son attitude jugée « trop favorable aux internés ». L’été 43 marque la fin du secours protestant après l’expulsion de la nouvelle responsable de l’œuvre. Trois de ses membres ont été reconnus, quelques dizaines d’années après la guerre, comme « Justes parmi les nations ». Il s’agit de Madeleine Barot, du pasteur Marc Boegner, qui s’occupa personnellement de l’opération de sauvetage d’une centaine d’enfants juifs allemands internés, et du pasteur André Morel, qui organisa une filière de passage vers l’Espagne.

Le secours Suisse

Néanmoins, d’autres œuvres ont vu le jour à Gurs dès 1940. C’est le cas du Secours Suisse animé par Elsbeth Kasser, infirmière de profession. Il s'est installé en décembre 1940 dans une baraque autorisée par le préfet. Elsbeth est aidée par d’autres infirmières suisses. Cette œuvre cherche avant tout à assurer une nourriture suffisante (distribution de lait…) aux enfants, aux jeunes mères et aux femmes enceintes. Cette œuvre est présente jusqu’en 1943 lors de la dissolution provisoire du camp.

-> Haut : Dessin d’enfant fait au camp par Guadalupe Lopez pour remercier le Secours suisse (archives de l'amicale du camp de Gurs)
-> Bas : Mathilde Prat
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Mme Barot

Madeleine Barot devient secrétaire générale de la CIMADE en 1940. Madeleine Barot définit la nouvelle tâche de la CIMADE : venir en aide aux victimes du régime de Vichy et de l’Occupation, c’est-à-dire essentiellement aux Juifs qui n’avaient pas la nationalité française.
À l’automne 1940, le pasteur, d'Oloron-Sainte-Marie, alerte les autorités protestantes de l'existence d'un camp à Gurs, où les internés, réfugiés politiques allemands et juifs sont particulièrement inquiets et où des mères juives totalement démunies accouchent au camp, des enfants y étaient morts également.
Madeleine Barot se présente à la porte du camp avec un paquet de couches pour les nouveau-nés et déclare au garde qu’elle est chargée de les distribuer aux jeunes mères. Elle pénètre ainsi dans le camp. Madeleine Barot et Jeanne Merle-d'Aubigné finissent par recevoir la permission du commandant du camp de créer une antenne de la CIMADE et installent un baraquement au camp de Gurs.
La permanence devient un fait accompli et Madeleine Barot fait d’intenses efforts pour obtenir la mise en liberté de certains prisonniers. C’est ainsi qu’elle arrive à faire transférer des enfants, des malades et des vieillards dans des établissements ouverts par la CIMADE à cet effet.

Elisabeth Kasser (1910-1992)

Elsbeth Kasser , infirmière suisse d'une qualité exceptionnelle au camp de Gurs de 1940 à 1943. Elle était connut déjà pour son dévouement au cours de la guerre d'Espagne et pendant l'occupation de la Finlande par les troupes soviétiques. Elle s’est énormément impliquée, en dehors de son activité professionnelle, dans le développement de la vie culturelle du camp comme en témoigne de nombreux témoignages d'internés. Elle est d’ailleurs surnommée très vite « l’ange de Gurs », allusion non seulement à son dévouement, mais aussi à sa douceur et à sa beauté. Sa collection d’aquarelles, peintures et photographies a été confiée à la fondation Elsbeth Kasser, créée en 1994.

-> Haut : Archive : www.geschichte-luzern.ch/sites/default
/files/Elsbeth%20Kasser%20Kindereinsat.jpg
-> Bas : Reconstitution d'une baraque où s'est installé Elsbeth Kasser (Photo : Marie-Ange Lecas)
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Ruth Lambert

Ruth Lambert , engagée par Andrée Salomon de l'OSE en 1940, Ruth Lambert est assistante sociale au camp de Gurs jusqu'en 1942. Elle s'occupe du bien-être des enfants et en profite pour en faire évader un grand nombre. Femme engagée, elle passe ensuite dans la clandestinité et rejoint le réseau Garel. Elle travaille dans les centres d'hébergement de l'abbé Glasberg, où des enfants juifs en danger d'arrestation et de déportation sont cachés. Ruth Lambert est envoyée en Suisse par l'OSE pour y travailler. Après la Libération, elle travaille dans des camps de déportés en Allemagne.

Le personnel du camp de Gurs

De 1936 à 1939 a eu lieu en Espagne la guerre civile entre franquistes et républicains. Mais dès 1938 des républicains fuyaient déjà clandestinement l'Espagne de Franco pour partir vers la France. Les frontières françaises se sont officiellement ouvertes en février 1939. Ces milliers de réfugiés posaient problème car personne ne savait où les loger. Pour recueillir ces réfugiés des camps ont étés créés aux abords de la plage d'Argelès. Il fut donc décidé en février 1939 de créer un camp pour les accueillir. Donc les entrepreneurs de la région étaient convoqués par le sous-préfet d'Oloron et le préfet de Pau. Chaque entrepreneur a fixé le nombre de baraques qu'il pouvait construire en fonction du nombre d'ouvriers qu'il avait. Il fallait le faire à toute vitesse. Il y avait aussi des baraques pour les gardes mobiles et les administratifs.

La garde du camp s'effectuait, à l'ouverture du camp, par des gendarmes départementaux («les bleus») et des gendarmes nationaux ( "les noirs" ), par des gardes mobiles qui étaient présents avant l'ouverture du camp et par la troupe, ces trois formations se côtoyaient et se relayaient en permanence. Après l'armistice de juin 1940 seuls les gardes mobiles et les gendarmes sont restés pour garder le camp. Lors des deux derniers mois de 1940 les militaires ont étés peu à peu remplacés par des civils. Les gardiens civils n'ont aucune compétence particulière, pour pouvoir être gardien il fallait en faire la demande à la préfecture de Pau. Une fois choisis les civils étaient directement envoyés à leur poste sans subir le moindre stage préparatoire. Ils sont encadrés par des brigadiers qui étaient d'anciens sous-officiers réduits au chômage par la démobilisation. Le chef de camp l'a reconnu lui-même "c'est plus la quantité plutôt que la qualité dont il fallait se préoccuper" d'après le rapport du 30 novembre 1941. Malgré les cours d'instruction professionnelle d'enseignement général la réputation des gardes n'aura jamais été bonne. Les civils étaient logés dans des logements précaires mais nettement supérieurs à ceux des internés et ils gagnaient 1251 francs par mois. Après la libération du camp, le personnel de surveillance est resté, à peu de choses près, le même que ce qu'il était dans les derniers mois du régime de Vichy.

Il faut surtout en conclure que les gardiens, dans leur immense majorité, n'étaient ni pires, ni meilleurs que les autres, ni pétainistes, ni gaullistes, ni collaborateurs, ni résistants. Ils "ne faisaient pas de politique". Ils ont exercé leur fonction comme ils l'auraient fait avec une autre profession, la plupart du temps en conscience, le plus souvent en évitant de se poser trop de questions.
Le soin des internés se faisait par des infirmières et des médecins avec très peu de moyens. Il y avait assez peu de personnel médical : il y avait en moyenne entre 30 et 40 internés pour un médecin. De nombreux internés de gurs doivent la vie à ces soins apportés par l'extérieur tolérés par l'administration.

Témoignage d'un réfugié espagnol

J'étais un républicain espagnol, je me suis battu pour la liberté pour laquelle j'ai failli mourir plusieurs fois. Notre infériorité miliaire face à Franco a entraîné des pertes immenses dans nos bataillons. Je suis un de ces soldats encore vivants qui a dut fuir son pays à cause de la cruauté de cette dictature. Je pensais en franchissant les pyrénéens être accueillie gaiement par cette France libre. Tout au contraire, mes compatriotes espagnols et moi avons été rapidement dirigés par les autorités françaises vers un camp de concentration à Gurs. Nous étions entassées dans des compartiments à bestiaux de la SNCF.
Après quelques semaines d'internement la faim nous frappa, la nourriture n'était même pas suffisante pour survivre... A l'aide de notre solidarité entre interné, nous avions pu oublier en partie la faim qui nous ronger en organisant des spectacles par îlot. J'étais dans l'îlot C, cela fessait trois mois que j'y étais et déjà il y avait plus d'une dizaine mort dans mon compartiment. Ma fin était alors imminente, de jours en jours je voyais ma vitalité de jeunes hommes se dégradé. Mon corps s'affinait jusqu'à ce que le reflet de mon visage ne soit que peau et os. Mais pourtant je suis encore là aujourd'hui.
La garde de nuit s'effectuer de minuit à 4 heures puis ils se relayaient. Je profitai de cette petite occasion de quelques minutes pour m'enfuir. Une fois passer les barbelées je couru à ne plus avoir de souffle. Après dix minutes de course intensive mes jambes frêles étaient épuisées comme si j’avais couru un marathon. Je réussi à m'approvisionner pour la nuit en eau et en nourriture car en voler une volaille d’une ferme avoisinante le camp. A mon réveil, je fus tout de suite menacée par les patrouilles et convois Nazis.
On dit souvent que les français nous dénonçaient mais pourtant j'ai eu la chance de rencontrer un honnête homme qui m’hébergea pendants une semaine et me fis parvenir de faux papier. Ayant assez profité de son hospitalité, je décidai de partir à l'écart de ce camp de malheur pour finir ma misérable vie.
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Conversations téléphoniques et lettres

Introduction

Il faut savoir que la conversation originale a été écoutée par la police de l'époque, puis classé comme secret défense. Bien sur cette conversation téléphonique a été simplement recopiée sur l'original. C'est un entretient de Ruth Lambert annonçant, à sa patronne Andrée Salomon, qu'elle a envoyé quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. Dans cette conversation, Julien Samuel est nommé, c'était un docteur médico-social de l'OSE, et c'était aussi le second de Andrée Salomon.
La lettre a été inventée pour expliquer en détail la situation de Ruth Lambert et ses collègues. Vous remarquerez que lors de la conversation téléphonique originale Ruth fais référence à cette lettre.
La prochaine conversation téléphonique que vous allez entendre a été créée de toute pièce afin de raconter la suite des événements. En outre, Ruth Lambert dévoile à Andrée Salomon que leur prochain plan d'évasion a échoué et que la situation devient critique. Ainsi, Ruth Lambert inquiétée par ses activités et contrainte de quitter le camp.
Andrée Salomon était la déléguée des Maisons de l'Enfant de l'OSE (« œuvre de secours aux enfants », dirigé par Robert Job) et menait des tentatives d'évasion des enfants du camp de Gurs. Ruth Lambert, jeune institutrice lorraine, devient assistance sociale au camp de Gurs en 1940, puis Andrée Salomon l'engage dans les œuvres sociales juives. De plus, Ruth Lambert, après avoir rejoint le réseau de l'OSE, travaille chez l'Abbé Glasberg où une partie des enfants juifs évadés sont cachés. Ruth Lambert et ses collègues : Dora et Ninon, devaient assurer la liaison avec la direction du camp et les bureaux de l'OSE, tout en restant en contact avec les familles des enfants libérés.
R.Lambert cite : « Gurs, une drôle de syllabe, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge. »

Conversation originale : 02/07/1941

Heure : 18h05
Demandeur : OLORON Cabine – Ruth LAMBERT
Appelé : MONTPELLIER – Mme Salomon
(Elle a envoyé quelque chose qu'elle n'aurait pas dû envoyer …)

S : Ce n'est pas arrivé ?
L: Si, mais on aurait mieux fait de ne pas envoyer cela.
S : Tu as eu des ennuis ?
L : Non, mais je pourrais en avoir de très gros …
S : Mais donne-moi des précisions.
L : Non je ne puis te parler de cela au téléphone. Mais je voudrais beaucoup avoir une conversation avec quelqu'un de vous ou …. voir à TERRASSON.
S : Oui mais enfin …
L: Si tu vas a Toulouse, fait moi signe il faudrait absolument que j'y aille ….
(Conversation coupée puis rétablie)
S : Je voudrai savoir pourquoi tu téléphone … ça m'affole … C'est très sérieux … Tu ne peux en dire … Ces appels téléphoniques me font peur.
L: Je regrette, excuse-moi, mais tu sais que je ne puis t'en parler au téléphone.
S: Et bien écrit moi tout cela et donne des précisions
L: Je t'ai écrit tout cela …En résumer je voulais te dire Julien ne doit pas venir …
S : Écris moi pourquoi
L: je te l'ai écrit …Tu comprends le docteur a écrit qu'il allait venir et il ne faut absolument pas qu'il vienne.
S : Alors téléphone lui directement à l'avenir et téléphone lui, pour cela son numéro de téléphone est Gabribaldé 0145
L: Alors préviens moi quand tu seras à Toulouse, j'irai aussitôt c'est absolument indispensable.

Conversation fictive : 18/08/1941

Heure : 16h45
Demandeur : OLORON Cabine – Ruth LAMBERT
Appelé : TOULOUSE – Mme Salomon

L : Andrée ?
S : Oui Ruth que ce passe-t-il ?
L : Je t'ai dit dans ma lettre que si j'avais un problème je te rappellerais.
S : Oui …
L : Ce qui devait arriver est arrivé …
S : Pardon ?
L : Je t'avais pourtant bien dit de prévenir le docteur de ne pas venir.
S : Mais je lui ai dit, mais il tenait vraiment à participer à cette mission.
L : Malheureusement, la présence de ce colis a été divulguée.
S : Mais qui aurait pu vendre la mèche ?
L : Sincèrement, je n'en ai aucune idée. Il me semblerais que la discussion que j'ai eu avec mon docteur ai été écoutée.
S : Qu'est-il arrivé au docteur ?
L : Les responsables du camps l'ont emmené je ne sais où, et j'espère que rien ne lui est arrivé.
S : Et tu penses que cette information va ébruitée ?
L : A vrai dire, je ne sais pas .Mais le mieux est de recourir au plan d'urgence.
S : Vraiment ?
L : Oui, enfin … C'est probablement la meilleure solution. Je ne voudrais pas que notre mission tombe à l'eau à cause de moi et qu'ils nous arrive quelque chose. C'est pour cela que dès le début de la semaine prochaine, je quitterai le camps de nuit avec les enfants prévus pour l'évasion du 22.
S : Pour aller où ?
L : A Toulouse.
S : Avez-vous assez d'argent et d'accompagnateurs ?
L : Le docteur ne pouvant plus partir avec nous, nous partirons avec Julien , Ninon et Dora.
S : Très bien, je vous y attendrais rue Henri Fesan.
L : D'accord.
S : J'aurais bien entendue tout préparé pour votre arrivée.
L : C'est gentil, merci.
S : Alors, en attendant tu vas faire quoi ?
L : Me faire la plus discrète et mettre en sécurité le contenant du colis dans mes affaires personnelles.
S : Bon très bien.
L : Je dois partir, je pense que l'on me surveille...

Lettre

Expéditeur : Ruth LAMBERT
Destinataire : Andrée SALOMON
27/07/1941

Chère Andrée,

Je vous écris cette lettre afin de vous éclairer sur la situation actuelle. En effet, comme je vous l'ai dit au cours de notre précédente conversation téléphonique, le camps de Gurs a reçu le colis de l'OSE. Cependant, je n'aurais pas dû l'envoyer car il contenait certains médicaments et vaccins accompagnés des quatorze faux papiers destinés aux enfants du camps. C'est pourquoi, j'ai bien peur que quelqu'un découvre sa provenance et remonte jusqu'à l'OSE.
De plus, il ne faut surtout pas que le docteur vienne, de peur que cela lui attire des ennuis. Par conséquent, on pourrait avoir des doutes sur les intentions du docteur au près des enfants, ainsi que sur moi et mes collègues : Ninon et Dora.
Vous voir à Toulouse pour discuter du problème et évaluer les risques serait une bonne chose. Si par malheurs mes responsables du camps venaient à nous démasquer, je vous appellerai dans l'immédiat.
En espérant que ma lettre arrivera jusqu'à vous dans la plus grande discrétion.

Amicalement, Ruth LAMBERT
Pour cette visite virtuelle du camp, vous pouvez cliquer sur les flèches noires à gauche et à droite de l'écran ou utiliser votre souris : après avoir positionné le curseur n'importe où dans le décor, maintenez le bouton gauche de la souris enfoncé et déplacez votre main vers la gauche ou vers la droite, puis recommencez. Cliquez ensuite sur les panneaux indicateurs pour changer de lieux ou sur les portes des cabanes pour les visiter. souris
Continuer

Merci aux 34 élèves de la classe de Première S (2) du Lycée Paul Rey de Nay (64) :
ASGHAR Bryan
BARBAUD Marion
BARBE-BARRAILH Laurie
BONNECAZE Melanie
BOURIAT Laure
BURCKEL Justin
CAPDEQUI Florian
CAZABAN Lea
CAZAUX Marie
CHAMPAGNOL
CLERGET Marie-Liesse
DUNIE Chloé
ESCALE Laurine
ESQUERRE-CACHA Zohra
FORSANS Alice
GAYE Maude
GILLET Quentin
HOEKSEMA Lucas
HONTAA Alix
JOUHET Guilhem
LAC Marlene
LECA Marie-Ange
LE MEUTE Thibault
LEROY Yann
LUNEL Marc
MANIVIT Paul
POUTS Pierre
PRAT Mathilde
QUINTAA Emilie
RAMADE Nicolas
ROTUREAU Jessica
ROUILLON Thomas
RUELLAND Thomas
TOUZET Théo
Ainsi qu'à leurs enseignants Madame Catherine Maury (documentaliste) et Monsieur Jean-Jacques Mangnez (Histoire Géographie).
Merci à Myrthis Flambeaux d'Ecla Aquitaine, Carine Freyssinet des Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques, L'Amicale du Camp de Gurs ainsi qu'à Christophe Gonthier, notre intervenant numérique, pour son soutien.
Merci également aux différents partenaires qui ont permis ce projet :
Logos des partenaires